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2020/09/22

« Parler de séparatisme quand on veut lutter contre le communautarisme religieux est un choix hasardeux et dangereux »

Confondre sĂ©paratisme et communautarisme religieux revient Ă  mettre de l‘huile sur le feu lĂ  oĂč on n‘en a pas besoin. Dans le cadre du projet de loi contre le « sĂ©paratisme », le gouvernement utilise une terminologie dangereuse car elle fait craindre aux territoires Ă  forte identitĂ© une menace sur nos libertĂ©s de gouvernement local.

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« Parler de séparatisme quand on veut lutter contre le communautarisme religieux est un choix hasardeux et dangereux »

ARGAZKIA JAITSI

Pourtant les pouvoirs que nous exerçons ici en Pays basque, depuis 2017 et ceux qu‘exercent les Corses, dans la collectivité territoriale de Corse, depuis 2014, même s‘ils ont été conquis de longues luttes, ont été concédés par l‘Etat français. Le gouvernement doit réfléchir avec plus de discernement et s‘expliquer plus clairement sur le sens qu‘il veut donner aux termes qu‘il utilise.

Cette semaine, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur travaille à mettre un projet de loi pour lutter contre le séparatisme. Déjà cet été, Jean Castex, le Premier ministre, avait annoncé un projet de loi visant à lutter contre les séparatismes et plus particulièrement « l'islamisme radical ». Le Premier ministre et le ministre de l’intérieur reprennent les termes utilisés par le président de la République cet automne, des termes qui continuent de nous interloquer, en particulier chez nous, en Pays basque car longtemps, défendre les spécificités de notre territoire était considéré comme une forme de séparatisme. Dans les années 80 et même 90, défendre une démocratie de proximité, une décentralisation véritable face à un centralisme omnipotent était une réaction séparatiste. Grâce à la Communauté d’agglomération Pays basque, la donne semble avoir changé mais l’apparition de cette terminologie sortie des tréfonds des années 80, nous fait craindre un retour du centralisme partout en France. Nous ne savons pas encore exactement de quoi ce projet de loi sera fait mais s’il vous plait, les législateurs, veillez à bien faire la distinction entre les aspirations à une plus grande démocratie de proximité de certains territoires (Alsace, Bretagne, Corse, Pays basque…) de toutes autres formes de menaces.

La semaine dernière, sur les ondes de France Inter Marlène Schiappa, chargée, tout comme Gérald Darmanin, d’incarner la lutte contre le communautarisme, était surprise que l’on associe une loi sur le séparatisme aux questions corse et basque. Pourtant, la question de Léa Salamé n’était pas maladroite. Le débat actuel doit aider à mieux définir ce qui contribue à façonner le modèle français de maintenant. Aujourd’hui, et grâce à la construction européenne qui a remis en question la suprématie exclusive d’un modèle français sur l’ensemble de ses territoires, des pouvoirs locaux peuvent émerger pour défendre une démocratie de proximité, même dans une décentralisation encore largement insuffisante. C’est ce que nous nous efforçons de faire, à EAJ-PNB, de manière continue et déterminée, dans l’intérêt de la démocratie en Pays basque.

Emmanuel Macron célébrait la semaine dernière les 150 ans de la République française, c’est bien dire qu’il y a eu quelque chose avant ça. Notre pays a une histoire avant ça. Notre peuple a une histoire avant la France. Alors oui ! Depuis 150 ans, on essaie de lisser tout ce qui se rebiffe dans l’hexagone. On veut que tout soit pareil à ce qu’ils imaginent à Paris. On veut imposer une langue unique, le français, partout. Cette semaine encore, on empêche d’apprendre le basque à Saint-Pierre d’Irube ! Mais il y a 150 ans, on ne parlait pas encore français ici. Il y a 150 ans, nous étions des territoires où des pouvoirs, certes pas démocratiques au sens actuel du terme, mais des pouvoirs s’exerçaient en marge de l’histoire officielle de la grande France. C’est justement avec la IIIè République qu’on a cherché à fondre les petites patries dans la grande patrie… C’est pendant la IIIè République que l’on a cherché à faire entrer les territoires « régionaux » dans le giron français. On le sait, la Grande guerre fera le reste. Même si on l’imagine, mais on n’en sait rien, on ne peut que l’imaginer, la loi en question cherche à contrôler les dérives sectaires et religieuses, en particulier liée à l’islamisme radical et c’est souhaitable. Mais parler de séparatisme quand on veut lutter contre le communautarisme religieux est un choix hasardeux et dangereux. Il illustre une fois encore la précipitation et le manque d’attention portée par les pouvoirs parisiens à nous autres, à notre territoire, à notre identité et à notre histoire.

Nous sommes la « Province » !... Etymologie « Territoires vaincus » ?? 

mais…

La démocratie ce n’est pas la loi de la majorité mais la défense des minorités. (Albert Camus)

Pako Arizmendi, président régional d'Eaj-Pnb

En mars 1977, à Pampelune lors du Congrès de refondation d'Eaj-Pnb, le parti se qualifie alors de parti aconfessionnel, (non lié à une religion, mais respectant la confession de chacun).

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