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2023/04/14

Saisissons notre chance : construisons le RER basque de demain.

Il y a quelques semaines, le président Macron a annoncé vouloir développer le modèle du RER francilien dans dix métropoles françaises.

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Saisissons notre chance : construisons le RER basque de demain.

ARGAZKIA JAITSI

Le 28 Novembre 2022, j'ai écrit au président de la Communauté Pays Basque pour qu’il intervienne auprès de l’Etat afin que le Pays Basque fasse partie des agglomérations éligibles au projet de RER. Nous sommes la 2e agglomération urbaine d’Aquitaine qui mérite de bénéficier de ce dispositif. En septembre 2019, le président de la Région Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset écrivait à Mme Borne, alors ministre des transports, lui demandant d’inscrire l’étoile ferroviaire de Bayonne dans le futur schéma directeur des réseaux express métropolitains.

Face la situation écologique, un réseau de trains urbains permettrait effectivement de répondre à la demande d’une meilleure qualité de vie en particulier dans les zones urbaines qui souffrent d’un trop plein de circulation automobile. Ce projet, que l’on pourrait assimiler à une politique publique de grande envergure, supposant de grands investissements (100 milliards d’euros sur 15 ans selon le président de la SNCF) serait une magnifique opportunité de faire porter la croissance économique sur les rails plus que sur l’industrie automobile. En effet, depuis plus de 50 ans, plus de 10% du budget des ménages français est consacré à des dépenses liées à l’automobile. C’est autant que les dépenses liées au logement et aux consommations d’eau, de gaz et d’électricité. Aussi, face à la hausse du coût de l’énergie, développer une politique publique de transport public de proximité serait effectivement une excellente idée pour les finances de l’Etat et celles des ménages. En outre, cela permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre localement tout en offrant une qualité de vie pacifiée. Sur le papier, c’est LA solution.

La Communauté Pays Basque doit saisir l’opportunité du train de proximité

Ici, nous sommes toujours en quête de solution face à l’engorgement de nos axes routiers. Les pouvoirs publics proposent des solutions. Par exemple, un projet de ligne express littorale en bus, de Bayonne à Hendaye, débutera ces prochains mois. Ce projet coûtera 110,6 millions d’euros hors taxes. L’Etat y contribuera à hauteur de 13,7 millions. Construire des trains de proximité, en zone urbaine et péri-urbaine nous réconciliera avec la pression démographique que nous subissons, en réduisant notablement les engorgements actuels des axes de circulation routière. Le train est souvent considéré comme un transport d’avenir grâce à son faible impact environnemental mais il est trop rarement présent sur des petites lignes, où la demande de déplacement est forte.

Le projet de Réseau Express Basque concernera l’étoile ferroviaire de Bayonne : construire un RER basque permettrait de densifier les fréquences vers l’intérieur (Bayonne-Garazi…), vers le Sud (Bayonne-Hendaye-Donostia…) et vers la ligne de l’Adour, sur Urt-Puyoo. Deux études sont actuellement menées sur le territoire. La première faite par la Communauté Pays Basque et le syndicat des mobilités et la seconde par l’euro-région qui concerne la ligne Dax-Bayonne et Donostia. Ces études veulent répondre aux attentes de la population. Elles doivent répondre aux critiques des lignes actuelles dont la fréquence ne répond pas aux besoins du territoire. Localement, avec l’entreprise CAF, nous avons une industrie qui devrait pouvoir répondre à ces enjeux. A tous les niveaux, c’est intéressant, surtout si nous réfléchissons en termes d’offre de mobilité multimodale associant les bus, les mobilités douces et la place faite aux voitures.

Or, quand Emmanuel Macron évoque l’idée d’un développement du modèle du RER, il ne pense probablement pas à un territoire comme le Pays Basque. Il ne donne pas non plus de chiffres sur les investissements à venir, ni de calendrier. C’est le ministre des Transports Clément Beaune qui a fait référence à des projets avancés à Strasbourg, Lille, Bordeaux ou Toulouse. C’est pour cette raison que si cette idée est dans l’air du temps, le Pays Basque s’en est saisi avant que l’Etat ne change d’avis sur la question de la mobilité de proximité.

Depuis 2017, nous disposons d’une structure politique et administrative d’envergure. Deuxième intercommunalité en nombre d’habitants de Nouvelle-Aquitaine, le Pays Basque peut prétendre à devenir une communauté urbaine. Ainsi, elle serait éligible aux plan de financement avancé par l’Etat et la SNCF. En France, le projet de RER métropolitain est lancé. Le 11 décembre, l’Eurométropole de Strasbourg a ouvert son Réseau Express Métropolitain Européen (REME). Le caractère transfrontalier, comme notre territoire, est un facteur clé de la réussite du projet. Dans le Nord, les élus locaux travaillent sur un projet de RER. Fin 2021, Emmanuel Macron avait même promis que l’État financerait la création d’un futur RER entre le bassin minier et la métropole lilloise, à hauteur de 35 % du budget. Plus proche de nous, Bordeaux vient de clore sa concertation sur la question. Les élus de l’agglomération bordelaise souhaitent augmenter la cadence des trains express régionaux (TER), avec des trains tous les quarts d’heure, voire les demi-heures d’ici 2030. S’agissant de Bordeaux avec une expérimentation sur la billettique sur le TER. Cette mesure a été demandée à titre expérimental par le syndicat des mobilités à la SNCF et à la Région Nouvelle Aquitaine pour le tarif Txik Txak, appliqué à la ligne Bayonne-Garazi.

Ailleurs, à Toulouse, Lyon ou Rennes, les projets sont embryonnaires. C’est pourquoi les élus de la Communauté Pays Basque ont d’ores et déjà engagé une discussion sur cette opportunité qui permettrait de redynamiser économiquement le territoire, trouver des solutions en termes de mobilité et répondre à nos engagements environnementaux.

Nous nous devons également de réfléchir à un report du fret sur les lignes ferroviaires. Le projet de ferroutage entre Cherbourg et Mouguerre qui sera mis en service en 2024, doit faire partie des solutions alternatives, au transport routier (9000 camions traversent au quotidien l’autoroute A 63).

Panpi Etchegaray, vice-président du syndicat des mobilités, adjoint au maire d’Arrosa, membre d’EAJ-PNB

Article paru dans la Semaine du Pays Basque n°1516, du 10 Février au 16 Février 2023

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