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2021/06/09

La France n’a pas assez confiance en ses institutions locales

par Andoni Ortuzar, Président de l’Euzkadi Buru Batzar (direction nationale) d’EAJ-PNB

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La France n’a pas assez confiance en ses institutions locales

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J’étais à la manifestation samedi dernier à Bayonne. J’y ai rencontré des milliers d’euskalzale d’Iparralde qui manifestaient pour pouvoir défendre un enseignement en langue basque. J’y ai vu la volonté d’une population inquiète mais déterminée face aux dernières décisions du Conseil constitutionnel français qui a remis en question l’enseignement immersif de la langue basque. Je trouve que la France tarde à prendre conscience de cette richesse. Il est dommage que l’Etat français ne fasse pas confiance à ses institutions locales quand elles répondent à la demande de leurs citoyens. 

En Hegoalde, la situation est très différente ici. Il y a environ 750 000 locuteurs basques au sud, pour une population de 3 millions d’habitants. En Iparralde, on parle de 70 000 locuteurs bascophones actifs et passifs et de 300 000 habitants environ. Depuis 1980, en Espagne, la langue basque est reconnue constitutionnellement. Avec l’espagnol, elle est co-officielle dans la communauté autonome du Pays basque et une partie de la communauté forale de Navarre. Sur ces territoires, nous pouvons parler, étudier dans les deux langues, suivant des modalités variées et libres. Pour nous, la langue basque caractérise notre identité, notre patrimoine mais elle nous incite aussi au plurilinguisme, à parler espagnol, anglais et bien sûr français.

En Iparralde, c’est le français qui reste la langue officielle. C’est écrit dans l’article 2 de la Constitution. C’est d’ailleurs cet article que les membres du Conseil constitutionnel ont repris pour débouter la Loi Molac qui offrait une chance de s’ouvrir à votre patrimoine. En France, je crois qu’il n’est fait référence aux langues régionales que dans l’article 75.1 selon lequel « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Cela peut nous surprendre, à nous, qui n’imaginons pas notre langue conservée dans un musée. Entre Hegoalde et Iparralde, la situation est donc très différente. Apprendre le basque, est pour nous une chance qui favorise l’apprentissage d’autres langues. Il faut que Paris prenne à son tour conscience des attentes des habitants des territoires français qui, aspirent, eux, à vivre leur identité multiculturelle.  

Heureusement le droit français reconnait et organise le plurilinguisme en matière d’enseignement bilingue, de double affichage des panneaux signalétiques, ou encore de programmes de radio et de télévision… L’Etat français, les collectivités comme la Communauté d’agglomération Pays Basque, l’Office publique de la Langue basque travaillent à faire vivre l’euskara. Mais encore aujourd’hui, rien ne clarifie la situation des locuteurs en langue basque du point de vue des droits linguistiques. Il manque un cadre législatif qui reconnaisse officiellement le droit à pratiquer l’euskara. Chaque année, le citoyen d’Iparralde qui voudrait que ses enfants apprennent en basque est soumis à l’interprétation du texte constitutionnel par un juge. L’apprentissage de l’euskara en est fragilisé en France. 

Dans l’Etat Espagnol, tout comme le recommande le Conseil de l’Europe, nous cherchons à promouvoir les langues régionales ou minoritaires . C’est aussi pour cela que nos institutions, à la Communauté Autonome Basque ou en Navarre, favorisent leur utilisation dans la vie publique et privée. Je sais que EAJ-PNB en Iparralde travaille à faire évoluer les cadres législatifs et règlementaires pour assurer la revitalisation de la langue basque. C’est sûrement la meilleure solution. Si pour protéger l’euskara, il faut un statut de co-officialisation de la langue basque au sein de la Communauté d’agglomération Pays basque, il faut l’obtenir. S’il faut modifier la Constitution, comme l’a déclaré votre ancien Ministre, François Bayrou, il faut le faire. Mais il ne faut pas tarder ; les basques d’Iparralde ont été en nombre dans la rue samedi pour le rappeler.

Paru dans la Semaine du Pays Basque n° 1432, le vendredi 04 Juin

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