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2023/02/01

Comment redonner la juste valeur aux choses ?

Dans le Pays basque, les entreprises locales ont du mal à faire face à une hausse des prix de l‘énergie.

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Comment redonner la juste valeur aux choses ?

ARGAZKIA JAITSI

Certaines, dans l’agro-alimentaire notamment, s’organisent pour trouver un repreneur ou sont contraintes de déposer le bilan. Lors de l’Assemblée générale du 18 novembre dernier, les élus de la CCI de Bayonne ont voté une motion de soutien aux entreprises du Pays basque face à la flambée des coûts de l’énergie. Débordé par la crise énergétique et environnementale, l’Etat planche désormais sur un nouveau « coup de pouce » aux entreprises. Une nouvelle fois, les mêmes recettes ! Le « quoi qu’il en coûte » peut il encore sauver ce pays ? alors même que le FMI invite l’Etat à resserrer sa politique budgétaire dès 2023 ;  ou simplement décaler une crise finalement inévitable ?

L’Etat joue au pompier. Faute d’anticiper ou plus simplement de promouvoir un modèle de société plus réaliste, la solution de généraliser un plan d’aide aux entreprises refait surface. A l’instar de la crise sanitaire et avant cela de la crise bancaire, la solution immédiate redevient l’endettement vis-à-vis des banques. Pour contenir la colère sociale, l’Etat ne voit plus d’autre alternative que de s’endetter. Il y a quelques jours, ce sont les artisans bouchers et charcutiers qui ont manifesté pour alerter sur l’augmentation des factures d’électricité… A coups d’aides sectorielles, de plans spéciaux, l’économie donne l’impression d’être sous perfusion. Elle est rentrée dans un cercle vicieux et dangereux ou chaque acteur économique revendique tour à tour sa dose de remède miracle…

Le consommateur n’est pas uniquement victime de cette situation économique. Il en porte aussi une part de responsabilité. N’est-il pas le premier à refuser les augmentations de prix qui doivent permettre de conjurer l’inflation des charges des entreprises ? Il refuse, contraint par son propre budget, mais pas toujours ; n’est-il pas aussi le client « gold » du Black Friday et de ses achats non essentiels ?

Nous avons perdu, à force de globalisation et de marketing, la notion de valeur. Le consommateur endoctriné par le « moins cher », tel un joueur pathologique, a ses repères : il achète, non plus par nécessité mais par excitation du bon coup, de la mode, en période de soldes ou d’offres commerciales exceptionnelles. Même la liberté de la presse est fragilisée par ce mouvement et l’idée de la gratuité de l’information s’est imposée. Le site France Soir illustre cette déchéance. Historiquement, grand journal avec un très grand tirage, il a été sanctionné par une commission professionnelle, pour ne pas avoir su vérifier l’information erronée diffusée sur son site internet. Ces dernières années, le modèle économique de la presse en ligne est très difficile à maintenir sans l’aide de l’Etat. Le travail de journalisme, d’investigation, de vérification des données a un coût que les consommateurs d’information ne sont plus prêts à payer.

La crise de l’énergie illustre cette évolution du modèle de consommation. En France, l’énergie est plutôt bon marché si on la compare à ce que paient nos voisins européens mais sa hausse actuelle questionne nos priorités de consommation. Cette crise remet (enfin) en question notre croyance en la quasi-gratuité des biens. Or, saurons-nous nous montrer raisonnables, dans une société chaque jour plus individualisée ? Saurons-nous (enfin) résister à un vol aller-retour pour le Maghreb pour quelques euros, en sachant qu’il est une aberration écologique et économique ? Qu’il s’agisse de vols aériens, de produits technologiques low-cost, de biens alimentaires… nombre des biens de consommation sont supportés par un dumping économique qui détruit la valeur des biens. Nous savons que ce modèle n’est pas viable, notre société doit maintenant s’interroger sur la valeur des biens et pas uniquement sur leur prix. Acheter des pommes de terre, de la viande… chez un producteur local permet de faire vivre son territoire. Cela permet de consommer ce dont on a envie, ce dont on a besoin plutôt que de répondre à des besoins que d’autres nous crééent et qui, nous le savons, détruisent la planète et les solidarités sociales. La situation actuelle pointe du doigt les contradictions et les incertitudes de notre modèle sociétal. Le plus dangereux est certainement cette forme d’indifférence qui nous empêche de nous questionner en tant que société. S’interroger sur ce qui a de la valeur pour nous collectivement est pourtant la plus grande des urgences.

Depuis un an, EAJ-PNB a entamé l’initiative « Entzunez eraiki », autrement dit « Construire en écoutant ». Ce processus d’écoute active contribue à comprendre l’avenir que la société basque veut construire collectivement. Cette initiative donne la parole à tous les représentants de la société civile ; elle prend le temps d’écouter pour faire ensemble société.

 

Jean Tellechea

Secrétaire EAJ-PNB

Conseiller municipal à Urrugne

 

Paru dans la Semaine du Pays Basque, n° 1512, le vendredi 13 Janvier 2023

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