Artxibak
2025/12/12
La violence invisible que nous devons combattre tous ensemble
Le 25 novembre est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Quand on parle de violences, l’image qui surgit est souvent la plus spectaculaire : le fait divers, le coup, la menace, le harcèlement, les autres. Or ces violences visibles ne sont que la surface émergée d’un système bien plus insidieux. L’inégalité violente est véritablement plus profonde car elle passe inaperçue. Dans nos emplois du temps, au sein de nos institutions, au centre de nos modèles économiques, se déploie une violence de genre autrement plus puissante : la violence structurelle. Celle qui ne fait pas de bruit mais qui structure nos vies.
Cette violence invisible n’a pas besoin d’articles explicites dans les journaux ni de cris pour exister. Elle se lit dans le manque de temps des femmes, prises en étau entre travail salarié, charge domestique, charge mentale, double voire triple journée et mise en retrait des activités sociales, qu’elles soient sportives, ludiques ou amicales. Dans les horaires de réunions pensés pour des salariés toujours disponibles, dans les infrastructures imaginées par et pour une disponibilité masculine totale. C’est aussi là où l’inégalité de genre s’étale. Elle s’incarne dans des normes implicites : valorisation de la compétition, du rendement, du « toujours plus »… La société actuelle n’est pas égalitaire. Elle s’est construite selon un modèle où l’homme standard — autonome, mobile, sans contraintes familiales — a servi d’étalon et où la compétition, la performance économique et sociales s’est imposée.
Bidea luzea da baina gure bidea da
Cet enjeu apparaît clairement lorsqu’on compare Hegoalde et Iparralde. Au sud, dans un mouvement initié il y a plus de 20 ans, soutenu et encouragé par EAJ, les lois sont devenues plus strictes, les dispositifs de prévention renforcés, le suivi des auteurs d’infraction mieux encadré. Résultat : la tolérance sociale à la violence est plus faible. En Pays basque nord, l’approche reste plus générale, moins outillée si ce n’est par des associations militantes qui viennent dénoncer cette culture. Au niveau de l’Etat français, il a fallu attendre 2013 et la création de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) pour agir contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. C’est une partie du problème mais la question des violences structurelles et de leur acceptation sociale n’est pas encore traitée. Parce qu’elle est plus diffuse, parce qu’elle s’inscrit dans les habitudes, les institutions, les silences et ses reproductions, il faut renverser nos représentations d’une société idéale, notre écosystème vital. Rendre visible cette violence, c’est comprendre son lien avec un autre front politique : celui de l’écologie. Une société qui épuise la nature et une société qui limite les femmes dans leur épanouissement reposent sur la même logique : prendre, contrôler, exploiter. Extraire de la terre comme on extrait du temps aux femmes. Invisibiliser les écosystèmes comme on invisibilise le soin.
Iraultzak ekologista izan behar du
La véritable révolution ne pourra pas se faire seulement avec quelques quotas supplémentaires ni de nouvelles lois, nécessaires mais insuffisantes face à l’ampleur de la tâche. Il faut renverser notre écosystème de valeurs, le paradigme qui fonde notre représentation du monde commun. La véritable révolution exige un renversement de regard : repenser ce que nous considérons comme de la valeur. Remettre au cœur du travail le soin, l’équilibre, la dignité, la coopération. Repenser l’humain et le territoire non comme un espace à centraliser et contrôler, mais comme un tissu de proximité et de liens. Sortir d’un monde qui accélère pour un monde qui respire. Car la violence structurelle, c’est aussi cela : l’absence de temps, le diktat de l’urgence. Le temps long de la vie, le temps non marchand, le temps social, celui des enfants, des personnes âgées, des relations humaines… Le futur devra se construire sur un principe de réciprocité, sur le respect profond de la dignité de chacun plutôt que sur un principe de domination que l’on sait meurtrier.
Cette année encore, EAJ exprime son rejet de toute forme de violence à l'égard des femmes, sous toutes ses formes. Ce combat n’oppose pas les femmes aux hommes. Il oppose deux visions du monde : celle de la force et celle de l’équilibre. Celle de l’exploitation et celle de la relation. Et dans ce combat, les femmes ne doivent plus être des victimes passives : elles doivent être à leur place, celle d’éclaireuses d’un autre modèle de société, plus juste, plus soutenable, plus humain, plus durable.
Parler de violences de genre, au fond, c’est parler de la manière dont nous choisissons d’organiser la vie collective. Et du monde que nous voulons pour demain.
Gracianne Bec Mirande
Présidente du Biltzar Bidasoa EAJ PNB
EAJ PNBko Bidasoa Biltzarraren burua
Article paru dans la Semaine du Pays Basque, n°1659, le vendredi 05 Décembre
La Semaine du Pays Basque, 1659 zkian, agertua, Abendoaren 05an Ostiralean
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