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02/02/2018

La Corse : le choix d’une démocratie locale moderne

Lors des élections territoriales en Corse, les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni ont atteint 56,5% des voix. Avec 41 élus sur les 63 sièges disponibles, la coalition corse détient la majorité absolue, reléguant les partis nationaux à un rôle secondaire. En cela, la situation insulaire est intéressante puisqu’elle traduit le besoin d’une vie politique localisée plus en prise avec la réalité quotidienne. Rétrospectivement, elle confirme l’importance du couple institutions politiques et médias pour construire une démocratie locale.

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La Corse : le choix d’une démocratie locale moderne

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Les clés du regain démocratique moderne : institution…

La démocratie française se redéfinit en Corse de manière incontestable. Mais si un système politique local apparait aujourd’hui au grand jour, il a cependant pris son essor voilà près de 40 ans grâce à la reconnaissance institutionnelle des pouvoirs parisiens. Depuis 1982, la Corse bénéficie d’un régime à part. Elle dispose d’une Assemblée de Corse élue au scrutin proportionnel intégral et d’un exécutif issu de la majorité parlementaire, elle peut ainsi agir sur de nombreux domaines. Le statut Joxe de 1991 ne fera qu’entériner ce particularisme institutionnel, en le renforçant même : La région est remplacée par une Collectivité territoriale de Corse (CTC) l’Assemblée est toujours nommée au scrutin proportionnel, mais désormais le conseil exécutif peut renverser le parlement élu. Plus proche d’un modèle fédéral, les institutions corses sont en voie d’autonomisation. Au niveau des compétences, outre l’environnement, les matières d’éducation, la culture… qui sont gérées par la CTC, l’audiovisuel est aussi une compétence de la collectivité.

… et construction d’un espace médiatique adapté

Les réformes de décentralisation de 1982 ont ainsi permis le développement d’un système politique et médiatique local. En 1982, comme sur le continent, une antenne télévisuelle régionale est lancée. France 3 Corse s’aligne sur le modèle de la radio-télévision publique en reprenant les émissions nationales de France 3, auxquelles viennent s'ajouter des productions locales (décrochages régionaux avec les éditions d'information du midi et du soir, magazines et événements locaux). Au début des années 2000, au moment de la refonte stratégique de France télévision concomitante au passage à la TNT, la Corse tire son épingle du jeu car elle en a le pouvoir. France 3 Corse ViaStella démarre officiellement le 30 octobre 2007 : elle est encore aujourd’hui la seule Télévision numérique régionale en France. Dans sa ligne éditoriale, ViaStella encourage l’information et construit incidemment une représentation localisée de la vie quotidienne, plus suivie car plus adaptée que les informations des canaux d’informations situés à Paris. Chaque semaine, elle propose six rendez-vous quotidiens d’information en français ou en corse ce qui correspond à 21 heures de programmes par jour ! Et quand on ajoute que la durée d’écoute quotidienne par téléspectateur corse est de 55 minutes, on peut facilement comprendre l’intérêt de produire des informations du cru.

Et maintenant, la communauté d’agglomération du Pays basque ?

Certes, la Corse a l’avantage de l’insularité, tout comme les territoires d’outre-mer aujourd’hui encadrés par le même statut de collectivité territoriale unique (Mayotte, Martinique, Guyane) mais pas uniquement. Elle démontre l’importance de construire, sur le long terme, des cadres de représentations politiques au sens médiatique du terme. Les dispositions nouvelles offertes par le statut Joxe ont favorisé cette situation. En disposant ensuite d’un exécutif capable de discuter le travail de l’assemblée, une vie politique localisée de niveau régional s’est organisée, ce que la télévision, en dehors de la presse écrite et la radio, a entretenu. Grâce à un espace télévisé formalisé, les Corses peuvent se projeter dans la vie corse. Le succès des listes insulaires démontrent cette aspiration à participer à la politique localement. En Pays basque, les 7 minutes de décrochage de France 3 Euskal Herri ne suffisent pas à prendre la mesure des enjeux locaux. La communauté d’agglomération du Pays basque doit participer à l’émancipation d’une entité médiatique locale sur laquelle les citoyens du Pays basque pourront se projeter. C’est un enjeu de notre démocratie.

Pako Arizmendi, Président régional d’Eaj-Pnb

 

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