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02/02/2018

Quel espace pour les cultures des trois territoires du Pays basque ?

Si la récente agglomération Pays Basque est une opportunité pour développer des politiques à l’échelle du territoire Pays basque, on peut légitimement se demander quelle sera la place laissée aux différentes spécificités locales des territoires historiques du Labourd, de Basse-Navarre et de Soule dans cet ensemble. En effet, si la politique en matière linguistique compte un pilote bien identifié avec Beñat Arrabit à la manœuvre, en matière plus largement culturelle, la direction semble plus hasardeuse et la diversité des territoires pourrait souffrir de cette indécision.

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Quel espace pour les cultures des trois territoires du Pays basque ?

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Langues : les Offices publics à la manœuvre

Sur le plan linguistique, il semble que le travail mené par l’Office public de la langue basque (OPLB) prédominera sur le développement de l’euskara, en attendant l’affirmation de l’occitan sur cet espace. Depuis 2004, date de sa création, l’OPLB est devenu l’interlocuteur privilégié de l’ensemble des acteurs publics souhaitant développer un projet à caractère linguistique. Signe de cette forte volonté, Beñat Arrabit déjà en charge de la politique linguistique de l'Agglomération est à la tête de l'OPLB depuis cet été. Loin d’une situation de cumul de mandats, il s’agit bien d’offrir une cohérence en la matière.

Objectif avoué, les efforts se feront sur l’ensemble du territoire mais « plus spécifiquement sur la Côte basque puisque c’est là que se regroupe la plus grosse partie de la population » explique-t-il lors de sa présentation comme élu de l’agglomération. La rationalité est démographique, certes. Or, les différences culturelles continuent d’entretenir une identité basque plurielle où le danseur souletin doit avoir sa place tout autant que le bascophone de la Côte du Glisseguna. Cette vision qui privilégie la langue sur l’ensemble des aspects culturels peut légitimement inquiéter.

Les cultures des provinces basques à la recherche d’un pilote

Si les politiques linguistiques semblent privilégier le développement du plus grand nombre sans plus d’exclusive, les politiques culturelles n’ont pas encore trouvé leur pilote. Sans direction lisible, on peut se demander quelle sera la place faite aux cultures de l’intérieur du Pays Basque.

En effet, les politiques culturelles sont loin d’avoir trouvé un moteur aussi cohérent que l’OPLB en matière linguistique. L’Institut culturel basque (ICB) légitimé par ses 150 associations membres pourrait cohabiter avec d’autres organismes d’Etat (Scène nationale…), la politique culturelle n’en serait que plus lisible et les marges de manœuvre plus enthousiasmantes.

Au sein de l’agglomération Pays basque, la politique culturelle n’est pas élevée au même rang que la langue basque qui a pour se défendre un vice-président à double casquette. La politique culturelle est reléguée à un rôle subalterne. Bruno Carrère en tant que 3e Conseiller en charge des Partenariats culturels, de l’enseignement artistique et du patrimoine culturel conduit cette politique difficile sans beaucoup de marge de manœuvre.

Faute de discernement, de mobilisation et de moyens, la faiblesse démographique des territoires historiques de l’intérieur, en particulier de la Basse-Navarre et de la Soule pourrait en souffrir. Si l’on peut lire sur le site de l’Agglomération Pays Basque que « [le] Pays Basque est un pays de culture, de toutes les cultures. En basque, en gascon, dans toutes les langues, ici, toutes les disciplines trouvent un écho. » La promotion de la diversité culturelle du territoire est en danger.

 

Pako Arizmendi, Président régional d’Eaj-Pnb

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