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09/04/2018

Nous n‘en sommes pas loin !

L‘agriculture du Pays Basque aura encore ramené son contingent de médaille du salon de l‘agriculture 2018. C‘est un des nombreux signes de la dynamique de notre agriculture locale. Oui nous avons la chance de produire une alimentation de qualité, loin des schémas agricoles ultra productivistes que l‘on rencontre dans l‘Union Européenne.

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Nous n‘en sommes pas loin !

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Et pour preuve, nous avons 4 AOCs (fromage Ossau Iraty, vin d’Irouleguy, piment d’Espelette et le porc Kintoa), de nombreuses démarches de qualité (Idoki, label rouge agneau de lait, …), des actions en cours comme la Sasi Ardi et Arto gorria. Toutes ces démarches ont un point commun : assurer une meilleure valeur ajoutée dans nos fermes, de petites et moyennes structures qui façonnent notre agriculture de montagne et de coteaux. Dynamique aussi par le taux d’installation le plus élevé de la région Nouvelle Aquitaine. Solide encore grâce aux nombreuses structures (approvisionnement, abattoirs, …), associations de développement ou établissement de formation bien présents sur le territoire pour accompagner nos exploitations.

« des marges de progression évidentes »

Bref ! de quoi se plaint-on, tout va pour le mieux ! Nous sommes les meilleurs et les plus beaux ! Si j’aime l’esprit jeltzale, c’est aussi pour cette manière d’être, c’est-à-dire, être fier de ce que l’on est, mais assez lucide pour rester à notre place et voir le monde qui nous entoure. En agriculture, notre regard devrait être le même. Oui, nous avons une agriculture avec plein d’atouts et des marges de progression évidentes. Mais le contexte économique est morose. Cela fragilise dangereusement nos exploitations. L’Europe et l’Hexagone ont laissé, dans la plupart des régions, se développer une agriculture intensive. Modèle qui génère de grosses structures, avec peu de valeur ajoutée (captée par les industriels ou la grande distribution) et qui sont très difficiles à transmettre d’une génération à l’autre. Pour corriger cela, l’Europe tente de réorienter les aides de la PAC vers une agriculture plus verte et plus équitable. En France, des Etats généraux de l’alimentation sont organisés pour répartir à nouveau la valeur ajoutée confisquée par les grands groupes de la transformation et de la distribution.

Le peu d’ardeur du ministre

Il est fort probable d’ailleurs que ces Etats généraux accouchent d’une souris. Les lobbies de ceux cités plus haut, auront raison de l’ardeur tiède dont fait preuve notre ministre de l’agriculture, M. Travert. Les premières mesures de ce fameux ministre ne vont d’ailleurs pas vraiment dans le sens d’un rééquilibrage des aides. Pour preuve : diminution du classement « zones défavorisées » des régions peu productives. Demain, les exploitations de ces régions ne percevront plus certaines aides liées à ce document mettant en péril la survie de ces structures. Et ce n’est pas tout : blocage d’un texte de loi au sénat qui devait relever les plus petites retraites agricoles au seuil de 80% du Smic, diminution drastique, voire suppression des aides au maintien de l’agriculture bio. Enfin petit dernier dans la fratrie de ces premiers jets de mesures qui risquent d’atteindre notre agriculture de montagne. Modification des ratios d’intégration des surfaces intermédiaires et d’estives qui va là aussi entraîner une baisse de soutien de ces surfaces. Et ce n’est qu’un début !

La solution du local

Dans ce contexte, que faire ? Une des solutions les plus sérieuses semble venir encore une fois du local. Nous sommes en train de nous doter d’une Communauté d’Agglomération conséquente. Une Communauté de destin. Certes notre communauté mettra du temps à se mettre en place et n’aura certainement pas les moyens de financer l’agriculture mais elle pourra aider celle-ci à capter cette fameuse valeur ajoutée, nerf de la guerre. C’est la seule manière de conserver une agriculture de type familial et des campagnes vivantes. En attendant les futurs déserts dans beaucoup de régions, nous pourrions même devenir un modèle de développement agricole. Nous n’en sommes pas loin, nous avons tout pour réussir.

Le consommateur ou plutôt notre manière de consommer peuvent être plus puissants que les politiques menées et les grands groupes. Si nous achetons local, des produits de qualité payés à un juste prix, alors nous aurons une campagne vivante, entretenu et accueillante.

Et c’est en cela que l’agglo a un rôle primordial. Faire prendre conscience à la population que nous devons manger local en facilitant toutes les démarches producteur-consommateur. Elle doit aider aussi en maintenant les structures comme les abattoirs de proximité, gages de qualité. Elle doit aussi remettre en chantier la marque territoriale. Nous savons que le Pays Basque fait vendre et incite certains usurpateurs à utiliser son image. En contrepartie, les paysans doivent pouvoir offrir une production de qualité et à un prix convenable pour que le plus grand nombre d’entre nous puisse en bénéficier.

Vive le consomm’acteur

Que de chantier et de travail, mais cela ne nous rebute pas. Nous allons vers un avenir partagé et commun. Alors, citoyens, aux urnes et consommateurs, à vos actes politiques et militants pour conserver un coup de fourchette de qualité !

 

Jean Michel Iribarne, paysan et conseiller municipal à St Jean Le Vieux

 

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