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13/05/2019

Débloquer les énergies renouvelables

« La maison brûle et nous regardons ailleurs ». Xavier Cabillon, gérant d‘une centrale hydroélectrique, à Banca a repris cette phrase de Jacques Chirac, pour mettre en évidence la nécessité des énergies renouvelables.

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Débloquer les énergies renouvelables

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« Nous connaissons clairement les risques du dérèglement climatique.  Les jeunes sont en droit de nous accuser de leur préparer un monde insoutenable ». Pour Xavier également, les solutions sont dans les territoires. Il faut gagner en sobriété énergétique, en efficience énergétique et développer les énergies renouvelables. Localement, il a espoir en la Communauté Pays Basque.

Nous allons droit dans le mur

Sur la même longueur d’onde, Beñat Arrabit enchaîne : « cette question n’est ni de droite ni de gauche. Il est important de travailler localement, en déterminant clairement les actions à mener. Si nous continuons comme cela, nous allons droit dans le mur. La société civile doit faire avancer les projets parce qu’en haut lieu, les responsables politiques sont accaparés par des intérêts à court terme et subissent la pression de lobbies ».  Il précise : « la Communauté Pays Basque a cette compétence transversale. Il faut décloisonner la politique environnementale et énergétique et la décliner dans tous les domaines ».

100% d’énergies renouvelables c’est possible !

Vivre d’énergies renouvelables n’est pas une utopie. Xavier Cabillon rappelle que « la Navarre est à 50% d’énergies renouvelables et le Portugal à 100% ! En France, nous en sommes à 10%. Pourtant, nous n’avons pas de plan B ». En examinant les archives, il a retrouvé un document administratif qui atteste de la présence de 3002 moulins, en 1890, dans le département. « Nous étions le département avec le plus de moulins. Il y a actuellement 2170 centrales hydroélectriques, dans toute la France. La politique nucléaire a appauvri les autres énergies ».

Les circuits locaux du bois énergie

La coopérative Sugarai dans l’Hergaray, en Garazi, montre qu’un travail patient peut aboutir à une valorisation du bois énergie et à un projet de dynamisation de la vie locale. Vente du bois par les propriétaires de lieux boisés, créations d’emplois dans la coopérative, débouchés locaux auprès de particuliers et de deux principaux clients : la fromagerie Agour de Mendive et la chaufferie collective de Garazi. Beñat Arrabit a été un des instigateurs de ce 2e projet. « C’est un modèle viable face à la concurrence, grâce au départ à des aides publiques. La piscine de Garazi, la clinique et la maison de retraire d’Ispoure sont approvisionnés par cette chaufferie. D’autres structures pourront se raccorder à ce réseau ». Ce modèle de chaufferie à bois a explosé en France et dans le reste du Pays Basque, en Soule, malgré la concurrence du gaz, à Mauléon, à Alos, mais aussi, à Bayonne, à la Zup ou à l’hôpital. « Les systèmes qui paraissaient vieillots sont modernes ». L’utilisation du bois est également utile, puisqu’un bois putréfié produit du CO2.

Les risques peu connus du nucléaire

A la question habituelle : peut-on se passer du nucléaire, Xavier Cabillon répond d’abord par un non. Loin d’être pro-nucléaire, il dresse un constat réaliste de la situation tant le lobby nucléaire est puissant en France. Il relativise : « Le nucléaire on n’en parle plus, dans le monde, depuis Fukushima ».

Il est extrêmement critique sur l’idée d’une rentabilité ou d’une soutenabilité du nucléaire. « L’uranium est importé. Il faut des milliers de tonnes de bétons, dans les centrales, le démantèlement coûterait   des millions d’euros, il n’y a pas de solutions pour les déchets, le rendement est médiocre. Sur 300 kilojoutes produites, seuls 100 kilojoules sont réellement utilisés. Le reste part en vapeur. Ce modèle gourmand en eau la rejette en mer avec une hausse de température de 10°C. Cela provoque l’apparition de méduses, difficile à maîtriser. 14 centrales sont sur des failles. Que deviendra-t-on si elles explosent ? »  Ce ne sont que quelques exemples sur la nocivité du nucléaire.

Le pot de fer de l’administration face au pot de terre des porteurs de projets

Xavier Cabillon constate que la DDTM ou la DREAL, administration locales dépendante du Ministère de l’Ecologie harcèlent les propriétaires de centrales hydroélectriques. Les barrages qui alimentent ces centrales sont peu à peu détruits, pour une soi-disante « continuité écologique » qu’une personne dans l’assistance, nomme en fait « continuité piscicole. Au nom de la préservation d’espèces comme le saumon, on détruit toute une biodiversité ». Xavier Cabillon constate que : « 7 barrages détruits auraient permis d’alimenter 120 personnes. Il est très dur de faire face à l’Administration. Même lorsqu’on gagne, ils mettent du temps à payer. Les injonctions sont incessantes. 50% de mon temps est consacré à des procédures juridiques. Tout le monde ne peut pas faire cela. Leurs injonctions sont souvent arbitraires. Je ne connais pas une centrale qui n’ait pas de difficultés avec la DDTM ou la DREAL. Nous produirions 20% de plus si on nous enlève les freins au développement. Il faut nous laisser faire ».

L’Administration : le frein

Quels sont les freins au développement des énergies renouvelables ? Cette question fut posée lors d’un atelier du Conseil de Développement du Pays Basque, aux personnes impliquées dans des projets locaux. Tous, qu’ils soient dans le photovoltaïque, la méthanisation, le bois, ou les centrales hydroélectriques ont eu la même réponse : l’administration. Pour Xavier Cabillon, « le lobbying du nucléaire, d’Areva ou localement de la fédération de pêche sur l’administration est déterminant ». La nouvelle Communauté Pays Basque peut-elle jouer un rôle de contrepoids ?

La Communauté Pays Basque comme contrepoids ?

Beñat Arrabit répond : « à la demande de Xavier, nous ferons jouer le poids de l’Agglo. même si nous n’avons pas la maitrise de la loi. Nous espérons avoir en face de nous, des personnes qui n’aient pas des œillères. Nous travaillons avec nos techniciens pour affiner nos arguments ». Il y a un besoin d’agglomérer les élus. Actuellement, un document de soutien aux énergies renouvelables circule. 35 maires le soutiennent pour l’instant. C’est une voie pour avancer.

D’autres projets d’énergies renouvelables existent en Pays Basque nord :  un projet d’éolienne, en Oztibarre, un projet d’énergie houlomotrice, sur la côte basque. Des techniques comme la géothermie sont très peu développés.

Derrière les grands discours du Ministère de l’Ecologie, la réalité du terrain est bien différente. Une réalité à changer pour soutenir et non freiner les initiatives qui émergent un peu partout dans les territoires.

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