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06/06/2019

Le statut territorial de l’euskara à St Jean de Luz

Beñat Oteiza, chargé de développement d’EAJ-PNB présente le statut territorial de l’euskara comme « un projet ambitieux et réaliste inscrit dans l’état d’esprit d’EAJ-PNB : partir de la légalité et aller le plus loin possible ».

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Le statut territorial de l’euskara à St Jean de Luz

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3 conditions pour sauver une langue

Toute expérience de récupération linguistique, au Québec pour le français, en Israël pour l’hébreu ou en Catalogne sud pour le catalan supposent trois grands facteurs combinés : une véritable volonté sociale, une politique linguistique soutenue et un cadre légal protecteur. Le Pays Basque nord doit la survie de sa langue au mouvement social, en particulier dans l’enseignement immersif et bilingue. Depuis 2004, ce territoire est également doté de l’Office Public de la langue basque, pour mener une véritable action globale pour l’euskara, en soutenant par exemple les initiatives privées et associatives. Par contre, un cadre légal protecteur fait défaut, pour assurer les garanties juridiques nécessaires pour mener sans entrave, une politique linguistique ambitieuse. La remise en cause de l’immersif public illustre ce manque actuellement. Un réel bilinguisme public donnerait également du prestige social à la langue concernée, pour soutenir ainsi la demande sociale.

Les 3 volets du Statut territorial de l’euskara

Le statut territorial de l’euskara comporterait trois volets, les deux premiers dans le champ des garanties juridiques : un service de veille juridique qui compile et sanctuarise toutes les normes concernant l’euskara, disséminées dans un maquis juridique, un service qui conseille les acteurs locaux et dénonce les abus possibles de l’administration. Le second volet concerne l’expérimentation législative, prévue dans les articles 37-1 et 72 al.4 de la Constitution, pour débloquer des entraves actuelles, par l’adaptation locale de la loi ou le transfert de compétences à la Communauté Pays Basque pour une durée limitée et une généralisation, si l’expérience est concluante. Cela signifierait par exemple, la possibilité d’un baccalauréat en euslara, le financement public d’écoles privées, le co-financement de professeurs, entre l’Education Nationale et la Communauté Pays basque, … Le troisième volet concernerait une convention entre l’Etat et la Communauté Pays basque, pour concrétiser un véritable bilinguisme dans les administrations d’Etat comme la Sous-Préfecture, le Trésor Public ou les entreprises publiques comme la Poste : signalétiques, communication, accueil des usagers, … Toutes ces mesures bénéficieraient à une commune comme St Jean de Luz.

Un contrat de progrès pour devenir autonome

Gaxuxa Elhorga-Dargains, conseillère municipale luzienne en charge de l’euskara a mis en lumière un travail discret en faveur de la langue d’Axular notamment en matière d’enseignement avec la création d’un pôle euskara, et de nouveaux bâtiments pour l’ikastola ou les cours pour adultes. Elle a également suscité le passage d’une école bilingue vers l’immersif public, à Urdazuri. « C’était un enjeu de qualité, l’immersif assure mieux la maitrise de l’euskara ». Interrogé sur l’existence de panneaux unilingues installés récemment, elle a fait part de sa colère. Elle a été mise devant le fait accompli. « Il faudra à l’avenir plus de transversalité, pour que la personne en charge de l’euskara puisse contrôler toute nouvelle signalétique ».  La ville de St Jean de Luz est actuellement engagée dans un contrat de progrès avec l’Office Public de la langue basque, avec le but d’être autonome, en matière linguistique, en commençant par « un technicien de la langue basque à St Jean de Luz, même à temps partiel ».

Les services de la Communauté Pays Basque s’habituent à l’euskara

Beñat Arrabit, vice-président de la Communauté Pays Basque en charge de l’euskara a énuméré le travail patient mené au sein des services de cette institution, à travers quelques exemples. Interrogé sur la présence de l’euskara dans les 2 lignes de trambus à venir, il a expliqué qu’il y aurait un partage des langues dans la dénomination des stations, un tiers, en basque, en gascon et en français. Dans le service de l’eau et assainissement, les factures d’eau sont bilingues, l’accueil commence à l’être également. Cela leur a valu les félicitations d’un usager. Dans le tourisme, 50% du personnel d’accueil est bilingue. « Cela a été une bonne surprise ». Ils sont très favorables à une communication bilingue qui se met en place. Le service aménagement qui gère les nouvelles zones d’activités assurera une signalétique bilingue. La formation du personnel de la Communauté Pays basque se met également en place sur la base du volontariat. Le service communication peu habituée à la présence de l’euskara change également progressivement ses habitudes. Un service de traduction se met également en place. « Nous entamons un travail de longue haleine qui n’a que deux ans ». « Globalement, les choses se déroulent normalement, nous n’avons pas de rejet de la population ».

Vers une protection légale

Interrogé par Franck Dolosor, le présentateur de la soirée sur l’opportunité de former les nouveaux préfets et sous-préfets, à la réalité de notre territoire, Beñat Arrabit a précisé que face à la méconnaissance et au désintérêt de certains d’entre eux, « nous avons pris soin de prendre contact rapidement avec le nouveau sous-préfet de Bayonne. Il nous a reçus et a bénéficié de deux heures de présentation sur la situation spécifique du Pays basque nord, en matière linguistique ». « Nous avons besoin d’une réelle garantie juridique. Le Statut territorial de l’euskara nourrit notre réflexion. Nous engagerons une constitutionnaliste de renom pour connaître précisément les possibilités offertes par la législation actuelle ». Nous entrons progressivement dans la voie de la protection légale pour l’euskara.

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