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12/03/2020

Sophie Laplace : « mettre mes compétences au service des jeunes »

Sophie Laplace est engagĂ©e dans la liste de Jean RenĂ© Etchegaray Ă  Bayonne. Son tĂ©moignage personnel peut servir d‘exemple Ă  des femmes qui hĂ©sitent Ă  s‘engager dans la vie publique. Responsable de stage et de l‘alternance dans les mĂ©tiers du numĂ©rique Ă  l‘IUT de Bayonne, elle souhaite Ɠuvrer en faveur de lâ€˜Ă©galitĂ© des chances et contre la fracture numĂ©rique.

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Sophie Laplace : « mettre mes compétences au service des jeunes »

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Concilier vie privée, carrière professionnelle et engagement politique est encore trop difficile pour bien des femmes. Quelle est votre expérience personnelle ?

Je me suis engagée en politique en 2014 au côté de Claude Olive. J’élevais alors déjà seule mes cinq enfants, âgés à l’époque de 3 à 15 ans, en travaillant en tant qu’enseignante à l’université. Alors bien sûr, c’est une expérience qui aura été difficile du point de vue psychologique et du point de vue matériel. Psychologiquement, il m’aura fallu lutter contre une forme de culpabilité. Je suis persuadée que les enfants ont besoin que l’on passe du temps avec eux pour bien grandir. C’est pourquoi j’ai parfois eu l’impression de leur voler du temps pour aller travailler ou m’investir en politique. Mais, c’était, et c’est encore, une manière de leur ouvrir le chemin : oui, on peut être un parent célibataire et avoir une activité professionnelle épanouissante ainsi qu’une activité politique passionnante. Il faut s’organiser et beaucoup travailler pour tout mener de front mais cela en vaut la peine. Je montre donc à mes enfants, et surtout à mes 4 filles, que c’est possible et que cela permet de vivre des moments forts et d’être heureux et épanouis. 

La culpabilité des femmes est liée à un manque de légitimité vis-à-vis de la société. Je me suis parfois demandée si j’étais réellement ma place. J’ai ainsi dû affronter des regards où je lisais la vision stéréotypée de la place des femmes ayant de jeunes enfants : à la maison. Je ressentais une incompréhension envers la vie que je me suis construite. Heureusement, j’ai également connu le soutien et les encouragements d’autres collègues, hommes ou femmes. Je crois, d’ailleurs, que les femmes doivent être libres de choisir leur vie de la même façon que les hommes le font depuis la nuit des temps : en couple ou non, avec ou sans enfants, au foyer ou dans la vie active avec ou sans engagement politique ou associatif. Le regard de la société doit changer et change dans les nouvelles générations : c’est une bonne chose. 

Matériellement, je ne peux cacher qu’il est difficile de tout concilier surtout quand on souhaite être très présente dans l’éducation de nos enfants et active et efficace aussi bien professionnellement qu’en politique. Heureusement, le Pays Basque est un territoire où la cellule familiale, qui est si importante, est relativement épargnée et je peux et ai pu compter sur les amatxi, aitaxi, tia abuela, oncle, tante… pour me seconder dans ma tâche éducative. Sans leur engagement à m’aider dans cette aventure, je n’aurais pas pu m’y lancer de manière satisfaisante c’est-à-dire sans avoir l’impression de sacrifier les enfants.

Je ne crois pas, cependant, que toutes les femmes mettent en œuvre le même modèle éducatif. D’autres choix sont possibles pour s’engager en politique en particulier pour les mamans qui sont en couple.

 

Vous terminez votre mandat de conseillère municipale à Anglet. Que retenez-vous de cette expérience ?

Ce mandat qui s’achève aura été un mandat d’apprentissage de la vie politique locale. J’ai participé à diverses commissions y compris à l’agglomération en particulier sur les thématiques de l’éducation et de l’enseignement supérieur. J’ai vu de l’intérieur comment fonctionne une mairie, comment un élu travaille avec les services ou avec ses collègues. J’ai compris qu’il faut être force de proposition et imposer ses convictions. Pour cela, il faut se sentir légitime ce dont j’ai fini par être persuadée car je crois que je peux tout autant apporter que les autres élus ou politiques installés.

Surtout, je me suis rendu compte de la manière dont je voulais travailler et qui me permettra d’être la plus efficace possible.  Je souhaite maintenant me recentrer sur une thématique choisie par le maire de Bayonne en fonction de ses priorités et des compétences de son équipe et organiser ma participation aux commissions en fonction … si Jean-René Etchegaray est élu, évidemment. Après avoir observé l’aquarium de l’extérieur pendant des années, de l’intérieur pendant un mandat, il me semble que je sais maintenant comment y nager et évoluer efficacement.

 

Vous êtes une des rares élus angloys à avoir voté en faveur de la Communauté Pays Basque. Cela vous a-t-il rapproché d’EAJ-PNB ?

Indéniablement. C’est ce vote qui m’a amené à sauter le pas.

Au départ, je ne souhaitais pas adhérer à un parti car je voulais rester libre de mes votes et de mes choix politiques futurs or on ne peut pas être d’accord sur tout. Appartenir à un parti, c’est aussi accepter une discipline de parti sur des problématiques qui n’existent pas encore, que l’on ne peut pas anticiper et pour lesquelles on ne peut pas être sûr d’être à 100% d’accord avec la ligne du parti. Cependant, l’expérience du vote pour la CAPB m’a démontré l’importance du soutien d’une équipe car nous nous sommes serré les coudes entre élus de la Côte qui étaient pour cette grande agglomération dans des mairies globalement contre où les échanges ont parfois été à la limite de la correction.

J’ai alors découvert que plusieurs personnes de mon entourage que j’appréciais et dont je partageais les idées étaient membres d’EAJ-PNB et elles m’ont fait découvrir d’autres personnes avec lesquelles j’étais en phase. En effet, EAJ-PNB entend défendre le Pays Basque d’abord. Cela correspond à mes convictions profondes, celles que j’avais exprimées au moment du vote pour l’agglomération et qui trouvent leurs racines dans une famille, celle de ma mère, qui a donné à Bidart deux maires au XIXème siècle : Pierre et Jean-Baptiste Bascary.

Le Pays-Basque doit continuer à cheminer dans la mondialisation tout en restant ce qu’il est et surtout en conservant son identité (y compris celle de l’accueil de l’autre), sa culture et sa langue. Ces 2 éléments sont essentiels : rester soi mais s’intégrer dans le monde. Et ils ne sont pas antagonistes ! Je ne crois pas que promouvoir une identité régionale marque un repli, une fermeture aux autres ou fige le territoire à une époque. Au contraire, fort de notre identité, nous sommes plus aptes à accueillir et accepter l’autre, à nous ouvrir au monde, à nous y développer : en un mot, à évoluer dans la mondialisation. C’est la peur de perdre son identité qui mène au communautarisme : si on n’a pas peur de l’autre car on se sent fort, on l’accueille mieux que si on se sent en danger... Pour moi, c’est le secret de la tradition d’accueil et d’aventure du Pays Basque.

Philosophiquement, l’autoritarisme dont a usé l’Etat français pour imposer sa langue et sa culture à tout le territoire me pose un problème malgré les efforts auxquels l’Etat participe maintenant pour relancer la langue basque et que certains jugeront trop timorés. Je suis, par exemple, très agacée qu’il ne soit socialement pas admis que nos grands dirigeants politiques ou d’entreprise puissent avoir un accent autre que l’accent parisien : n’est-ce pas une sorte d’autoritarisme culturel souterrain ? Mais, en disant cela, je sais que j’agace passablement certains…

Toutes ces raisons m’ont amenée à voter en faveur d’une unique agglomération pour le Pays Basque et à adhérer au PNB d’autant plus qu’EAJ-PNB, les Démocrates Basques, est un parti qui est aussi démocrate dans ses idées que dans son fonctionnement ce qui laisse à chacun un espace d’expression et une grande liberté individuelle.

 

Quelles sont les responsabilités que vous souhaiteriez assumer si la liste de Jean René Etchegaray l’emporte à Bayonne ?

J’arrive dans une équipe grandement renouvelée qui compte déjà beaucoup de compétences. Je propose, tout d’abord, les compétences que j’ai acquises dans ma vie professionnelle en tant qu’enseignante en informatique à l’université : l’éducation et le numérique.

Sur le premier point, je souhaiterais m’investir dans l’amélioration de l’égalité des chances aussi bien en luttant contre les facteurs sociaux que contre les facteurs territoriaux et dans le développement de l’enseignement supérieur et la recherche à Bayonne mais aussi sur tout le territoire du Pays Basque. Concrètement, il s’agit d’aider les jeunes qui veulent rester au Pays Basque à trouver des formations de qualité sur leur territoire et aider les jeunes qui veulent partir dans d’autres établissements d’envergure internationale à se former ailleurs et surtout les aider à revenir ! Mon quotidien à l’université consiste à aider les jeunes à trouver des stages et des alternances au département informatique de l’IUT de Bayonne. Je souhaiterais que mon quotidien à la mairie me permette d’aider nos jeunes à trouver du travail.

 Sur le second point, je suis persuadée que le développement raisonné et humain du numérique peut aider nos collectivités locales à être plus efficaces et à se faire connaître et reconnaître en particulier pour la CAPB. Mais je compte surtout m’engager contre la fracture numérique issue des différences générationnelles, sociales, culturelles…  

Par conviction, je propose ensuite de m’engager pour la CAPB, pour qu’elle gagne en efficacité, en proximité, pour qu’elle s’impose comme l’acteur majeur qu’elle doit être dans le paysage politique local, pour qu’elle développe sa coopération avec les autres collectivités en particulier avec la Région Nouvelle Aquitaine, Euskadi et la Navarre afin de proposer un nouveau modèle de collectivité profitant à la fois de ses liens forts avec la Nouvelle Aquitaine mais aussi de ses liens tout aussi forts avec Euskadi et la Navarre. Ainsi, le Pays Basque, Sud et Nord, pourra devenir une région plus visible et plus importante au sein de l’Europe. C’est ce qui lui permettra de s’épanouir dans une mondialisation fortement concurrentielle.

 

 

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