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21/04/2021

Au-delà des banderoles …

Ces dernières semaines, la commune d‘Urrugne a fait parler d‘elle à travers des banderoles qui invitaient les parisiens « à rentrer chez eux » et « à dégager ». En les accusant d‘être « le virus du Pays basque », les auteurs ont tenté, avec mauvais goût et un manque de courage certain, d‘alerter la société des conséquences de l‘arrivage massif de personnes étrangères au Pays basque.

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Au-delà des banderoles …

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On ne peut que désapprouver, sans discussion, cette façon de faire, son caractère anonyme et xénophobe, qui ne fait qu’entretenir une forme de défiance voire de haine envers un bouc émissaire. Mais comment notre société en est arrivée à viser ce public, que les auteurs de la banderole appellent « les parisiens » ?

Essayer de comprendre ce qui a motivé ces activistes locaux de s’en prendre à des personnes proclamées derrière le stéréotype du « Parisien » qui viendraient répandre le virus « chez nous », est une piste. On peut effectivement comprendre la frustration de voir des mesures gouvernementales confuses répandre le doute et la méfiance entre l’ensemble des citoyens, d’où qu’ils soient, depuis des mois.

Essayer de comprendre ce qui manque à notre territoire pour encourager une économie moins tributaire de « l’étranger », est une autre piste. Il faut y répondre avant que ce type de campagne haineuse ne continue de déshonorer Urrugne et plus largement le Pays Basque nord. Je saisis la main tendue par notre maire Philippe Aramendi lorsqu’il souligne que ce genre de débat peut être intéressant tant qu’il se tient de façon transparente et démocratique.

Le 7 avril, en conseil municipal, j'ai questionné le maire, non pas sur la forme et les slogans, mais sur le fond. Au-delà de la qualité des slogans et des messages volontairement alarmistes de trains complets à destination du Sud-Ouest (mais qui ne représentent en réalité que 50% des voyageurs habituellement en transit dans la même période), le fond doit être discuté. Indirectement, ces messages nous alertent sur « la dépendance » de notre économie au tourisme. En 30 ans, notre activité productive a laissé la place à l’économie résidentielle. Celle-ci monopolise nos ressources foncières : le PLH a rappelé l’urgence de freiner des constructions massives, qui ne cherchent pas à répondre aux besoins en logements des habitants du Pays basque. Le problème se pose également pour le foncier à vocation économique, presque totalement absent, et pour le foncier agricole. L’économie résidentielle monopolise également nos ressources financières ; les investisseurs du Pays basque ont compris la rentabilité proposée par cette économie et lui ont consacré la quasi-intégralité de leur capacité. Enfin cette économie monopolise nos ressources humaines ; le haut niveau d’activité de notre économie résidentielle permet d’avoir un fort recrutement, et un niveau de chômage plutôt bas.

Mais, en contrepartie, cela nous oblige à des concessions importantes et structurantes de notre économie : d’une part, le foncier est tourné vers l’accueil des personnes extérieures au Pays basque ; d’autre part, la qualité des emplois se caractérisent par des niveaux de salaires bas et une forte saisonnalité.

En mars dernier, j’avais déjà interpellé le conseil municipal sur le manque de projets économiques, et sur ce blocage dangereux du projet important d’extension de la zone de Berroueta destinée, en grande partie, à des secteurs de l’économie productive et, en outre, d’une centaine d’emplois à la clé. Lors des discussions du Rapport d’Orientations Budgétaires pour Urrugne, rien n’était mentionné en faveur d’un rééquilibrage de l’économie résidentielle vers l’économie productive.

Les solutions proposées se cantonnent d’abord à la maîtrise du foncier pour en faire du logement social et ensuite à favoriser une agriculture de qualité pour finalement, une activité résidentielle de qualité.

Quand je lis ces banderoles qui, encore une fois, n’ont pas lieu de prendre la parole de cette manière, je me dis qu’il faut répondre à ces questions et pallier cette impréparation à penser un rééquilibrage de notre économie.

Plus largement, quelles perspectives offrons-nous ici à nos jeunes d’Urrugne et du Pays Basque nord qui font des études ?

 

Jean Tellechea, conseiller municipal à Urrugne, Secrétaire de l’IBB d’EAJ-PNB

Article paru dans la Semaine du Pays Basque n° 1425, le vendredi 16 Avril 2021

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