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29/02/2024

Mikel Burzako : « EAJ-PNB a toujours dĂ©fendu le droit du peuple palestinien Ă  l‘autodĂ©termination et Ă  un État propre, ainsi que le droit Ă  l‘existence de l‘État d‘IsraĂ«l »

Il y a prĂšs de 5 mois, le conflit israĂ©lo-palestinien a repris de plus belle : Le 7 octobre 2023, le Hamas a attaquĂ© IsraĂ«l, le 27 octobre, l‘armĂ©e israĂ©lienne est entrĂ©e dans l‘enclave palestinienne de Gaza. Aujourd'hui, une grande partie du nord de Gaza est sous contrĂŽle israĂ©lien. Mikel Burzako, membre de la direction nationale d‘EAJ-PNB, en charge des relations internationales analyse la situation actuelle.

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Mikel Burzako : « EAJ-PNB a toujours dĂ©fendu le droit du peuple palestinien Ă  l‘autodĂ©termination et Ă  un État propre, ainsi que le droit Ă  l‘existence de l‘État d‘IsraĂ«l »

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D’un côté, Israël revendique le droit de se défendre et reproche au Hamas d’utiliser des boucliers humains et d’attaquer à partir de zones civiles. De l’autre, le Hamas estime qu'il tire des roquettes sur Israël dans le cadre de son droit à résister à l’occupation et au blocus, le Hamas se considère en état de légitime défense. Entre les deux, c’est la population civile qui souffre. Selon certaines sources, au cours des 4 derniers mois, il y a eu près de 28 000 morts et plus de 67 000 blessés palestiniens à Gaza. En 2012, les Nations unies ont reconnu la Palestine comme un « État observateur non membre ». Plus que jamais, des voix s’élèvent pour défendre l’idée d’un État palestinien, tandis que d’autres appellent à la création d’un État multi-confessionnel. Quelle pourrait être la solution ?

Je pense qu’il est important, tout d’abord, de replacer cette question dans son contexte. Nous nous trouvons dans l’un des moments les plus délicats d’un conflit qui est resté sans réponse depuis la création de l’État d’Israël en 1948.

La situation que nous vivons actuellement découle de l’attaque du Hamas sur le territoire israélien le 7 octobre, coïncidant avec le 50e anniversaire de la guerre du Kippour de 1973 et qui a provoqué des centaines de morts parmi la population civile, ainsi que l’enlèvement de plus de 200 citoyens israéliens. En quelques heures, cette attaque a tué plus d’Israéliens que les guerres de 1956 et de 1967 réunies. Si on la compare au 11 septembre 2001 pour la population américaine, Israël a vécu un événement similaire. Le choc initial a été suivi d’une réponse israélienne très dure et disproportionnée, en particulier à l’égard des populations les plus vulnérables, et qui plus est en violation systématique du droit international. Depuis, l’escalade de la violence s’amplifie et touche d’autres pays voisins, avec un risque possible de régionalisation du conflit avec tout ce que cela impliquerait au niveau international mais surtout pour l’Europe.

« l’absence d’un ordre mondial minimum en raison de la faiblesse de certains acteurs prépondérants … et la multiplicité d’autres acteurs »

En même temps, nous nous trouvons dans un contexte mondial complexe. Avec une instabilité croissante au niveau international, l’existence de la guerre en Ukraine et d’autres types de conflits ailleurs, l’absence d’un ordre mondial minimum en raison de la faiblesse de certains acteurs prépondérants depuis la Seconde Guerre mondiale, et la multiplicité d’autres acteurs avec une influence croissante défendant leurs propres intérêts. Toutes ces raisons rendent très difficile l’observation du conflit israélo-palestinien aujourd’hui. Cela ne permet pas de l’examiner avec l’équilibre nécessaire, pour donner de l’ordre et une dynamique de résolution de la part de la communauté internationale.

Face à une telle situation, aussi explosive, plutôt que de tenter ou non de trouver une solution définitive, c’est le principe de réalisme qui doit prévaloir. Le contexte actuel nous conduit à privilégier les scénarios susceptibles de faire baisser la tension actuelle, avec un cessez-le-feu, avec des couloirs humanitaires et sans restrictions… La tenue d’une prochaine Conférence internationale de paix pourrait contribuer à jeter les bases d’une solution à venir de cet ordre.

 

Les Israéliens peuvent-ils accepter la création d’un État souverain pour les Palestiniens, y compris le Hamas, puis lever le blocus de Gaza et les restrictions de circulation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ? Les groupes palestiniens peuvent-ils imaginer reconnaître l’État d'Israël et renoncer à l’usage de la violence ?

Le conflit israélo-palestinien dure depuis plus d’un demi-siècle et aucune solution facile ou rapide n’est en vue aujourd’hui. Dès l’instant où les principaux interlocuteurs actuels, le gouvernement Netanyahou d’une part et le Hamas d’autre part, répondent tous deux à des positions très extrêmes qui s’alimentent mutuellement dans une spirale de tension et de violence, ce sera difficile. Dans les deux cas, il faut être conscient des aspects politiques internes qui conditionnent largement ces choix qui impliquent une résolution par la violence.

Tout au long de ces décennies, nous avons connu des moments de grande violence, mais aussi de grandes options de paix, toutes accompagnées par la communauté internationale. En ce sens, les conférences de Madrid et d’Oslo ont probablement été des occasions uniques pour la réconciliation. Elles visaient la recherche d’une solution dans les deux États grâce à des frontières sûres et internationalement reconnues mais ce sont des rendez-vous finalement manqués.

«Je suis convaincu que la solution à laquelle nous parviendrons sera conforme à ce que nous avons toujours réclamé au sein d’EAJ-PNB »

EAJ-PNB a toujours défendu le droit incontestable du peuple palestinien à l’autodétermination et à un État propre, ainsi que le droit inaliénable à l’existence de l’État d’Israël, avec des frontières sûres, dans un contexte de négociations qui conduit à la paix et qui garantit la coexistence et la viabilité des deux États. La demande d’une solution à deux États devrait être basée sur les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux États. Ce devrait être le point culminant d’un processus de paix négocié entre les parties, basé sur le droit à l’autodétermination et le respect du droit international tel que défini par les résolutions de l’ONU.

Je ne sais pas quelle sera la solution définitive, car elle dépendra de nombreux facteurs, notamment des circonstances au moment où elle aura lieu mais je suis convaincu que la solution à laquelle nous parviendrons sera conforme à ce que nous avons toujours réclamé au sein d’EAJ-PNB.

 

L'Europe semble impuissante à agir. Aujourd’hui, l’Union européenne appelle à sanctionner financièrement le Hamas en gelant les fonds et les avoirs financiers qu’il possède dans l’UE. De son côté, le Parlement européen appelle à un cessez-le-feu sous conditions : libération de tous les otages et surtout démantèlement de l’organisation terroriste du Hamas. Que faire pour pacifier ce territoire ?

La solution au conflit israélo-palestinien doit inévitablement s’appuyer sur la participation, le soutien et le suivi de la communauté internationale, comme cela a été le cas tout au long de l'histoire, quand il y a eu des opportunités d’une paix stable et durable sur ce territoire.

Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre, la brève trêve du mois de novembre qui prévoyait une interruption des attaques pendant sept jours en échange de la libération de 100 otages du Hamas et de 200 prisonniers par Israël, a été obtenue essentiellement par des négociations entre les États-Unis, le Qatar et l’Égypte. La réalité actuelle est que le rôle de l’ONU est malheureusement relégué au second plan. L’ONU souffre d’un manque de poids et d’influence croissant au niveau international.

A cela s’ajoutent les récentes allégations contre l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) pour son implication présumée de plus d’une douzaine d’employés de l’UNRWA dans l’attaque du Hamas en octobre, ce qui a conduit de nombreux pays occidentaux à suspendre le financement à l’Office, jetant le discrédit sur ce dernier et sur le système des Nations unies tout entier.

« L’Europe doit porter une voix unique et puissante dans le monde pour devenir un acteur pertinent »

Nous pourrions parler dans les mêmes termes de l’UE, qui a récemment failli à son rôle, ne montrant pas le leadership nécessaire dans un conflit qui nous affecte directement et dont les conséquences pourraient être catastrophiques s’il devait s’étendre régionalement au Moyen-Orient.

Cette situation de fait, ainsi que le rôle de l’Europe dans l’invasion de l’Ukraine, démontrent plus que jamais la nécessité d’une Europe qui développe sa propre autonomie stratégique. L’Europe doit porter une voix unique et puissante dans le monde pour devenir un acteur pertinent dans le concert international, en défendant les valeurs, les droits de l'homme et de la paix, en cohérence avec le prix Nobel de la paix décerné en 2012. Sans cela, nous tomberons dans la décadence et nous deviendrons inutiles, ce qui permettrait à d’autres acteurs, avec d’autres approches, d’autres valeurs et intérêts, d’occuper ce rôle central, ce qui conditionnerait également l’avenir de l'humanité.

PDE-EDP
Manifeste électoral du Parti Démocrate européen