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22/01/2026

La formation supérieure est indispensable à l‘économie du Pays Basque

Ce mercredi 21 Janvier, à Bayonne, au siège de la CCI Bayonne Pays Basque, s‘est tenu un débat sur la formation supérieure comme moteur de l‘économie en Pays Basque. L‘enseignement supérieur est indispensable à une économie locale, à condition de répondre aux besoins des entreprises et de soutenir la création de nouvelles entreprises.

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La formation supérieure est indispensable à l‘économie du Pays Basque

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Arantxa Tapia, ex ministre basque en charge du développement économique rappelle la nécessité de « fournir des formations pour répondre aux besoins des entreprises ». Pantxoa Bimboire Haritschelhar, militant du développement économique et président d’EAJ-PNB en Pays Basque nord rappelle l’évolution d’un territoire conservateur qui vient de loin. Dans les années 70, « les élus n’étaient pas prêts. Ils ne voulaient pas d’entreprises. Les banques ne jouaient pas le jeu ». Pourtant, les crises de la chaussure à Mauléon et à Hasparren ont suscité une réaction : « il fallait prendre un nouveau virage ». Des jeunes voulaient revenir au pays. Le modèle Mondragon a servi d’exemple.  « La CCI a réagi en créant l’IDLS en 1985. Elle devient l’école d’ingénieurs Estia, en 1996 ». Dans un contexte de généralisation de la formation, l’économie a évolué. « beaucoup n’ont plus besoin de partir. 5000 emplois sont à pourvoir actuellement. L’Estia est une école de haut niveau. La hausse du niveau a eu lieu également dans d’autres domaines. Des filières se sont créés, comme dans le monde agricole, en accompagnant les paysans dans leur projet de transformation, dans les filières « herriko » par exemple ».

L’effet levier de l’Estia

Patxi Elissalde précise les recettes du succès de l’Estia et « l’effet levier » sur le territoire. « Le manque de formation technologique est un frein à l’économie locale. Sur les 6000 anciens élèves, 800 travaillent, en Pays Basque nord. Dès le départ, le projet de l’école est celle d’un ancrage au territoire et l’ouverture à l’international, dans ses partenariats avec les écoles d’ingénieurs de Bilbao ou l’université de Cranfield, en Angleterre. L’Estia a eu dès le départ pour mission d’être utile au territoire. Des entreprises sont venues dans nos locaux pour bénéficier de nos services, comme l’Internet. Un incubateur a été créé pour promouvoir des projets d’entreprises. Nos étudiants suivent des contrats d’apprentissage avec les entreprises partenaires. Nous développons également des programmes de recherche pointus, dans la robotique ou l’informatique. Nous prenons part aux clusters d’entreprises. Nous contribuons à la création ex nihilo de nouvelles entreprises qui en attirent d’autres, à Izarbel, en particulier, tout en contribuant au développement d’entreprises locales ».

Salamanque et Mondragon

Toutes les structures de formation supérieure n’ont pas le même impact sur un territoire. Patxi Elissalde a comparé la prestigieuse université de Salamanque qui n’a pas fait de cette zone de Castilla y Leon, un territoire de pointe, avec l’école polytechnique et l’université de Mondragon qui ont boosté l’économie de la vallée. L’Estia s’inscrit dans les pas de Mondragon.

Sophie Voisin, enseignante à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour note le décalage entre l’ambition universitaire du territoire et la réalité interne aux universités publiques, en baisse de financement. « sur les 11 000 étudiants de l’UPPA, 4000 sont à Bayonne. L’UPPA est pluridisciplinaire : droit, lettres, gestion, langues, … Elle répond à des problématiques différentes de l’Estia. Le manque d’un centre décisionnel au Pays Basque nord freine également le développement universitaire. Lors d’arbitrage important, le bassin de Pau est privilégié ».

Des freins et des défis

Sophie Voisin insiste également sur les liens très étroits entre lycées professionnels et monde de l’entreprise. « Au niveau de l’enseignement supérieur, les procédures sont lentes. Elle donne l’exemple du projet de doubles diplômes entre l’UPPA et l’Université du Pays Basque. Le projet d’une simple licence de basque a démarré depuis 10 ans et devrait finir par aboutir ». Arantxa Tapia insiste également sur « le temps d’adaptation entre les besoins d’entreprises et la création de formations adaptées. Dans l’intervalle, les besoins ont évolué ».

Dans les défis à venir, Sophie Voisin insiste sur la nécessité d’ « une université de plein exercice ». Son profil technologique est plébiscité, à l’instar d’un projet à Tarbes, suivi par Patxi Elissalde. Ils sont en train de créer une structure technologique autonome, sur un projet ambitieux qui réunit des financements importants. « Cela impactera le territoire ». Arantxa Tapia développe une idée. Ils réussissent à attirer des personnes hautement qualifiées, au bénéfice d’entreprises souvent de taille moyenne ou modeste, mais qui sont excellentes dans leur secteur d’activités. « Pourquoi ne pas repérer les formations d’excellence, pour y attirer les meilleurs étudiants et contribuer à créer ou à développer des entreprises » ? »

Le défi des liens Nord-Sud du Pays Basque demeure d’actualité, même s’il existe des projets « transfrontaliers » entre universités. Les règlements de niveau étatique sont souvent des obstacles. Sophie Voisin rappelle que les étudiants du Pays Basque nord entre dans les quotas d’étudiants étrangers, en Pays Basque sud. « pour la faculté de médecine, seule 1 place est réservée à un étudiant « étranger » ! ». « Beaucoup a été fait, mais nous pouvons mieux faire » a assuré Patxi Elissalde. La nécessité d’un avenir commun à construire plus intensément.

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